Tu changes des couches, tu calmes des pleurs, tu surveilles les siestes, tu rassures les parents au moment des séparations. Tu le fais depuis des années. Et pourtant, quand quelqu’un te demande ton diplôme dans la petite enfance, tu hésites.
Cet article s’adresse à toi — toi qui accumules de l’expérience sans avoir le papier qui va avec. Toi qui penses peut-être qu’il est trop tard, que tu ne saurais pas comment faire, ou que ton parcours n’est pas assez « propre » pour passer par la VAE.
Spoiler : ton expérience, elle compte. Et la VAE existe précisément pour ça.
Ce que tu vis chaque jour, ça s’appelle des compétences
J’accompagne des femmes qui travaillent depuis des années en crèche, en MECS, à l’école maternelle — parfois dans plusieurs de ces environnements à la fois. Quand je leur demande ce qu’elles font au quotidien, elles me répondent : « oh, pas grand-chose, je m’occupe des enfants. »
Pas grand-chose.
Et en deux heures de conversation, on cartographie : la surveillance post-vaccination, l’adaptation des activités d’éveil selon l’âge, la gestion des transmissions avec les parents (savoir doser le positif et le négatif), la posture bienveillante avec les adolescents en MECS, l’observation des situations à risque, la rédaction sur les outils numériques de suivi…
Si tu lis cet article en te demandant si ce que tu fais « compte vraiment », la réponse est oui. Ce que tu vis chaque jour a un nom. Il s’appelle Bloc 1, Bloc 2, Bloc 3, Bloc 4 — ce sont exactement les compétences évaluées pour le DEAP, le Diplôme d’État d’Auxiliaire de Puériculture.
Tu ne repars pas de zéro. Tu réorganises, tu traduis, tu mets des mots sur ce que tu sais déjà faire.
Le moment où tout bascule : quand tu réalises que tu sais déjà
Il y a souvent un moment dans les accompagnements VAE que j’aime particulièrement. C’est le moment où une professionnelle — parfois un peu méfiante au départ, un peu sur la défensive — commence à raconter une situation concrète.
Elle décrit comment elle évalue l’état d’un bébé après une vaccination. Comment elle adapte sa communication avec une maman en dépression post-partum. Comment elle a géré un toboggan abîmé qui griffait les enfants — l’observation, la décision, la mise au rebut, la transmission à l’équipe.
Et à un moment, elle marque une pause. « Attends… c’est ça que vous cherchez ? »
Oui. C’est exactement ça.
Ce n’est pas une rupture avec ce que tu faisais avant. C’est une continuité sous une autre forme — celle d’un diplôme qui reconnaît officiellement ce que tu portes déjà.
Cette prise de conscience, je l’ai vue chez des femmes avec dix, quinze, vingt ans d’expérience. Des femmes qui avaient travaillé en crèche ET à l’école ET en structure spécialisée, et qui pensaient que leur parcours « en zigzag » était un handicap. C’est en réalité une richesse. Chaque environnement t’a appris quelque chose de différent. Et la VAE valorise tout ça.
Concrètement, comment ça marche la VAE pour le DEAP ?
La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) te permet d’obtenir le DEAP — Diplôme d’État d’Auxiliaire de Puériculture — sans reprendre une formation initiale longue. La condition principale : justifier d’au moins 1 an d’expérience dans le secteur.
Voilà les grandes étapes, sans jargon inutile :
1. Le dossier de faisabilité — tu expliques ton parcours et ton projet. C’est la première étape pour vérifier que ton profil correspond au diplôme visé. Délai de réponse : environ deux mois.
2. La rédaction du Livret 2 — c’est le cœur du travail. Tu décris des situations professionnelles concrètes, une par compétence. On y travaille ensemble, en séances, avec des corrections et des reformulations jusqu’à ce que ça soit juste.
3. Le jury — tu présentes ton dossier devant des professionnels du secteur. Ils évaluent non pas ce que tu sais « en théorie », mais ce que tu as fait, comment tu l’as fait, pourquoi.
Un accompagnement VAE DEAP, ça se fait à ton rythme. En général, je recommande une heure par semaine de travail entre les séances pour avancer sereinement. C’est compatible avec un emploi à temps plein.
Tu n’as peut-être pas besoin de décider tout de suite. Mais si la question se pose depuis un moment dans ta tête, c’est souvent le signe qu’il est temps d’en parler.
Et si tu avais plusieurs expériences dans des structures différentes ?
C’est souvent une inquiétude : « J’ai travaillé en MECS, puis en école, puis en crèche. C’est trop éparpillé ? »
Non. C’est une force.
Chaque structure t’a confrontée à des réalités différentes. En MECS, tu as appris à travailler avec des adolescents, à gérer des situations sensibles, à collaborer avec des équipes pluridisciplinaires (éducateurs, psychologues, infirmières). À l’école, tu as développé ta communication avec les parents, tes transmissions orales et écrites. En crèche, tu maîtrises les soins courants, l’éveil du tout-petit, la sécurité du jeune enfant.
Dans un Livret 2, chaque situation peut venir d’une structure différente. Ce qui compte, c’est la compétence illustrée — pas l’endroit où elle a été apprise.
On ne repart jamais de zéro. On réorganise, on traduit, on met des mots sur ce qu’on a vécu.
Conclusion : ton expérience mérite d’être reconnue
Si tu travailles dans la petite enfance ou le médico-social depuis plusieurs années, sans diplôme ou avec un diplôme qui ne correspond plus à ce que tu fais réellement, la VAE est peut-être la pièce manquante.
Pas parce que tu manques de compétences. Mais parce que ces compétences méritent un nom officiel.
On en parle ? Tu peux me contacter directement pour un premier échange — sans engagement — pour explorer si la VAE DEAP est la bonne route pour toi.
FAQ — Tes questions sur la VAE dans la petite enfance
Est-ce que je dois avoir un bac pour faire une VAE DEAP ?
Non. Le baccalauréat n’est pas obligatoire pour accéder à la VAE DEAP. C’est l’expérience qui prime, pas le niveau scolaire.
Combien de temps dure un accompagnement VAE ?
Cela dépend de ton rythme et de la richesse de ton dossier. En général, quelques mois de travail régulier suffisent pour rédiger un Livret 2 solide. Le délai administratif (réponse de recevabilité, date de jury) s’ajoute à cela.
Je travaille à temps plein, est-ce possible de faire une VAE en même temps ?
Oui, et c’est même la situation la plus courante. On cale les séances à des horaires adaptés, et le travail de rédaction se fait progressivement entre les séances.
Que se passe-t-il si le jury ne valide pas tout le dossier ?
Une validation partielle est possible. Dans ce cas, tu gardes les blocs validés et tu peux représenter les blocs manquants lors d’une session ultérieure. Rien n’est perdu.
Mon expérience est dans plusieurs structures différentes. Est-ce que ça pose un problème ?
Absolument pas. Les jurys apprécient la diversité des situations. Chaque structure a enrichi tes compétences différemment — c’est un atout, pas un handicap.


