Il y a des livres qu’on lit une fois et qu’on range. Les quatre accords toltèques, de Don Miguel Ruiz, fait partie de ceux que je relis régulièrement, pas parce que je ne m’en souviens plus, mais parce que s’en souvenir ne suffit pas. Les mettre en pratique, chaque jour, c’est autre chose. Et honnêtement, je n’y arrive pas toujours. Mais j’essaie, encore et encore, et c’est peut-être ça, le vrai enseignement du livre.
Si tu ne le connais pas : Don Miguel Ruiz y propose quatre engagements très simples à énoncer, beaucoup plus exigeants à tenir. Je te les partage tels qu’ils infusent mon quotidien, entre ma casquette de formatrice, d’entrepreneuse et de maman.
1. Que ta parole soit impeccable
C’est sans doute l’accord le plus facile à comprendre et le plus difficile à respecter. Il ne s’agit pas seulement de ne pas mentir, il s’agit de ne pas se servir des mots contre soi-même ou contre les autres. Pas de médisance, pas d’auto-critique destructrice, pas de mots lancés qui blessent sans qu’on y pense.
Dans mon métier, ça se joue à chaque feedback que je donne à une personne en formation ou en bilan de compétences. La parole que j’emploie peut construire une confiance ou la fragiliser, pour de bon parfois. Alors j’essaie, avant de parler, de me demander : est-ce que ce que je m’apprête à dire construit, ou est-ce que ça abîme ?
2. Quoi qu’il arrive, n’en fais pas une affaire personnelle
Celui-là, je pense, est le plus libérateur, et le plus difficile à vivre au quotidien. Ce que les autres disent ou font est le reflet de leur propre réalité, pas un jugement sur ta valeur. Une critique, une remarque maladroite, un silence, ce n’est presque jamais vraiment à propos de toi.
En tant qu’entrepreneuse solo, je reçois forcément des retours qui piquent parfois. Apprendre à les recevoir sans qu’ils deviennent une attaque contre qui je suis, c’est un travail de tous les jours. Ce n’est jamais acquis, c’est un accord qu’on renouvelle en permanence.
3. Ne fais aucune supposition
Celui-ci, je le trouve redoutablement efficace à observer chez les autres, et redoutablement difficile à appliquer à soi-même. On suppose ce que l’autre pense, ce qu’il attend, pourquoi il n’a pas répondu à un message. Et ces suppositions créent des malentendus, des tensions, des histoires qu’on se raconte tout seul.
Poser la question plutôt que de deviner : c’est simple à dire, moins simple à faire en plein rush de journée avec des enfants à gérer, des clients à répondre, une formation à boucler. Mais chaque fois que j’ai pris le temps de demander plutôt que de supposer, ça a évité un conflit ou un stress inutile.
4. Fais toujours de ton mieux
Cet accord-là a une subtilité qu’on oublie souvent : ton mieux change selon les jours. Ton mieux un lundi matin reposé n’est pas ton mieux un soir après une journée à rallonge avec les enfants malades. Faire de son mieux, ce n’est pas viser la perfection constante, c’est arrêter de se juger avec le même mieux tous les jours.
C’est celui qui m’aide le plus, je crois, à tenir la charge d’être formatrice, entrepreneuse et maman solo en même temps. Certains jours, mon mieux est ambitieux. D’autres jours, mon mieux, c’est juste tenir. Les deux comptent autant.
Pourquoi ces accords résonnent autant avec l’accompagnement
Ce qui me frappe, en les relisant, c’est à quel point ces quatre principes s’appliquent à ma pratique professionnelle autant qu’à ma vie personnelle. Accompagner quelqu’un en reconversion, en bilan de compétences, en VAE, c’est en grande partie appliquer ces quatre accords sans le savoir : une parole qui ne juge pas, une posture qui ne prend rien personnellement face aux doutes ou aux résistances de la personne, une écoute qui ne suppose rien de son parcours, et une bienveillance qui accepte que « faire de son mieux » varie d’une personne à l’autre.
Le livre, si tu veux le découvrir : Les quatre accords toltèques, Don Miguel Ruiz
Si le sujet de l’acceptation de soi et des autres te parle, j’en parle aussi dans On n’élève pas un chat pour en faire un chien, ce qu’un livre m’a appris sur l’accompagnement des profils « non coachables ».
Et toi, lequel de ces quatre accords te parle le plus aujourd’hui ?
FAQ
Faut-il lire les accords dans l’ordre pour que ça fonctionne ? Non, chaque accord fonctionne indépendamment — tu peux commencer par celui qui te parle le plus.
C’est un livre religieux ou spirituel au sens strict ? Il s’appuie sur la sagesse toltèque mais se lit comme un livre de développement personnel, accessible sans connaissance préalable.
Combien de temps pour vraiment intégrer ces accords ? L’auteur lui-même parle d’une pratique de toute une vie — ce n’est pas un livre qu’on « termine », c’est un livre qu’on retravaille.


